Dossier compléments alimentaires

Complément alimentaire ou médicament : quelle différence ?

Une gélule de complément alimentaire peut ressembler à un médicament, et se vendre au même comptoir. Leur statut, leurs règles et ce qu’ils peuvent promettre sont pourtant très différents.

Deux définitions différentes

Le médicament. Selon l’article 1er de la loi marocaine n° 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie, est un médicament « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales », ainsi que tout produit administré pour établir un diagnostic ou pour restaurer, corriger ou modifier les fonctions de l’organisme.

Le complément alimentaire. C’est une denrée alimentaire destinée à compléter le régime alimentaire normal, présentée sous forme dosée. Il relève de la réglementation alimentaire et doit porter la mention « complément alimentaire, ce n’est pas un médicament ».

Conséquence pratique : un produit présenté comme guérissant ou prévenant une maladie relève de la définition du médicament.

Ce qui change pour vous

Médicament Complément alimentaire
Objectif prévenir, traiter ou diagnostiquer une maladie compléter l’alimentation
Preuves demandées essais cliniques montrant efficacité et sécurité qualité, sécurité et conformité de la composition
Ce qu’il peut revendiquer les indications de son autorisation aucune propriété de prévention, de traitement ou de guérison
Au Maroc autorisation de mise sur le marché enregistrement auprès de l’AMMPS ; agrément ONSSA du site de fabrication local

Les allégations : ce qu’un complément peut dire

Le décret marocain sur l’étiquetage interdit de faire état de propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie. Il prévoit qu’une liste d’allégations de santé soit fixée par arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture et de la Santé.

Dans l’Union européenne, cette liste existe (règlement n° 432/2012) : elle contient des formulations du type « le magnésium contribue à réduire la fatigue » ou « la vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ». APIA s’y réfère par prudence dans ses fiches.

Une formulation comme « soigne la toux », « guérit l’anémie » ou « remplace votre traitement » est donc à proscrire pour un complément alimentaire. L’AMMPS a d’ailleurs mis en garde le public contre des compléments présentés comme capables de « guérir des maladies ».

Les bons réflexes

  • Un complément alimentaire ne remplace jamais un traitement prescrit.
  • Signalez tous vos compléments à votre médecin et à votre pharmacien : certains interagissent avec des médicaments.
  • Respectez la dose journalière et l’âge minimal indiqués.
  • Méfiez-vous des promesses de guérison.

Voir aussi : Compléments alimentaires au Maroc : comment choisir ? · La réglementation au Maroc

Questions fréquentes

Un complément alimentaire peut-il soigner une maladie ?
Non. Au Maroc, un produit présenté comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies relève de la définition du médicament (loi 17-04). Un complément alimentaire ne peut pas faire état de propriétés de prévention, de traitement ou de guérison.
Les compléments alimentaires sont-ils sans risque ?
Pas toujours. Ils peuvent provoquer des effets indésirables à forte dose, interagir avec des médicaments ou être déconseillés pendant la grossesse ou chez l’enfant. Respectez la dose et demandez conseil à votre pharmacien.
Pourquoi les fiches de compléments disent-elles « contribue à » ?
Parce qu’un complément alimentaire ne peut pas promettre un effet thérapeutique. Les formulations du type « le magnésium contribue à réduire la fatigue » décrivent le rôle d’un nutriment, sans revendiquer de soigner.

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Sources

  1. Loi n° 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie (Adala, version consolidée)
  2. Décret n° 2-12-389 fixant les conditions d’étiquetage des produits alimentaires (ONSSA)
  3. AMMPS — Annexe C, modalités d’étiquetage des compléments alimentaires
  4. Règlement (UE) n° 432/2012 — allégations de santé autorisées
  5. EcoActu — L’AMMPS met en garde contre des compléments alimentaires

Ces informations générales ne remplacent pas un avis médical et ne constituent pas un diagnostic. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Les données publiées sur un ingrédient ne démontrent pas l’efficacité d’un produit fini. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments.

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